Mouqabalah ?

Écrit par Faouzidu30. Publié dans Femmes

Mouqabalah ?

 Un terme très en vogue depuis quelques temps : on en cherche, on en fait, on en organise... Mais on peut s'étonner d'une chose : ce mot n'apparaît pas dans les livres et les propos des savants. Après avoir interrogé des hommes de science à ce sujet, il apparaît que c'est un terme « nouveau » et qui recouvre souvent des conceptions fausses et des erreurs.

On parle de Mouqabalah ou encore Ta'ârouf, mais qu'est-ce que cela désigne ? Dans la langue arabe, ces deux termes désignent l'entretien, le faire de se présenter et faire connaissance. Dans l'application « religieuse » qu'on en fait, c'est quasiment une longue suite d'erreurs et de mauvaise compréhension de la voie légale à suivre lorsqu'on cherche à se marier.

 

Première grande erreur : ceux qui disent vouloir se marier ne baissent pas le regard en donnant comme argument qu'ils cherchent à voir celle qui va leur plaire.
On a interrogé shaykh Muhammad Ibn Ibrâhîm Âl As-Shaykh à propos du fait de regarder volontairement ou non des femmes qui ne se voilent pas comme il convient (Mutabarrijât). Il répondit : « Il est interdit de regarder volontairement, en raison de la Parole d'Allah : « Dis aux croyants de baisser leur regard et de préserver leur chasteté. Cela est plus pur pour eux. Allah connaît parfaitement ce qu'ils font. » [An-Nûr : 30] Allah a fait des yeux le miroir du cœur, ainsi si le regard est baissé, le cœur baissera également son désir et sa volonté, et au contraire si il libère son regard, le cœur libèrera ses désirs.

 

Al-Fadl Ibn 'Abbâs rapporte qu'il partageait la monture du Messager d'Allah (salallahu 'alayhi wasalam) le jour du sacrifice entre Muzdalifah et Minâ lorsqu'une litière portée à dos de chameau sur laquelle était des femmes passa. Al-Fadl se mit alors à les regarder et le Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) tourna la tête de Al-Fadl de l'autre côté. » (Al-Bukhârî et Muslim) Ibn Al-Qayyim dit dans Rawdah Al-Muhibbîn : « C'est là une interdiction de regarder les femmes étrangères, une interdiction par le geste. » Et s'il lui avait été permis de regarder, le Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) l'aurait laissé faire. Le Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) a dit : « Chaque enfant d'Adam (homme et femme) a une part de fornication dans laquelle il doit nécessairement tomber : les yeux dont le péché est le regard (vers ce qui est interdit), les oreilles dont le péché est l'écoute, la langue dont le péché est la parole, la main dont le péché est de toucher, le pied dont le péché est de marcher, le cœur qui est tenté par les passions et espère, et tout cela est confirmé ou infirmé par le sexe (c'est-à-dire le passage à l'acte ou non). » (Al-Bukhârî) Il a donc commencé par la fornication de l'œil car elle est la base de la fornication de la main, du pied, du cœur et du sexe. A travers la fornication de la langue par la parole, il a également indiqué la fornication de la bouche par le baiser, et il a fait du sexe un moyen de confirmation de tout cela par le passage à l'acte ou non. Il dit : « Et ce hadith est parmi les preuves les plus claires que l'œil désobéit par le regard, et que cela est une forme de fornication, et c'est une réponse à ceux qui permettent de regarder librement tout ce que l'on veut. » (...) [Al-Iftâ, volume 64, le 4/1/1380]

 

Il est donc totalement faux de prétendre que l'on peut regarder les femmes (et inversement les hommes) parce qu'on désire se marier et la règle de base est celle citée dans le verset : « Dis aux croyants de baisser leur regard et de préserver leur chasteté. Cela est plus pur pour eux. Allah connaît parfaitement ce qu'ils font. Dis également aux croyantes de baisser leur regard, de préserver leur chasteté. » [An-Nûr : 30-31] Les croyants doivent donc baisser le regard devant les femmes étrangères et les croyantes doivent elles aussi baisser le regard devant les hommes étrangers, car le regard est une flèche empoisonnée du Diable.
Le seul moment où il est permis à l'homme de regarder une femme, et inversement à la femme de regarder un homme, est lors de la Khitbah (la demande en mariage), afin de se marier. Et il y a de nombreux hadiths à ce sujet :

Jâbir Ibn 'Abdillah rapporte que le Messager d'Allah (salallahu 'alayhi wasalam) a dit : « Lorsque l'un d'entre vous veut demander une femme en mariage et qu'il peut voir d'elle ce qui l'encouragera à l'épouser, qu'il le fasse. » Jâbir dit : « Je voulais demander en mariage une jeune fille, je me cachais donc jusqu'à voir ce qui m'a encouragé à la demander en mariage et à l'épouser. » (Ahmad, Abû Dâwûd) On peut lire dans 'Awn Al-Ma'bûd (l'explication des Sunan Abû Dâwûd) : « An-Nawawî a dit : ce hadith montre l'encouragement à regarder celle que l'on veut épouser, c'est là l'avis de notre école (shaféite) ainsi que l'avis de Mâlik, Abû Hanifah, des savants de Kûfah, de Ahmad et de la majorité des savants.(...) Nos compagnons (de l'école shaféite) ont dit : il est préférable qu'il la regarde avant de venir la demander en mariage, ainsi si elle ne lui plait pas, il la laissera sans lui causer aucun tort, ce qui n'est pas le cas s'il le fait après l'avoir demandé en mariage. »

 

Abû Hurayrah rapporte : « J'étais aux côtés du Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) lorsqu'un homme vint et l'informa qu'il avait épousé une femme des Ansârs. Le Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) lui dit : « L'as-tu regardée ? » Il répondit non, il lui dit : « Vas et regarde-la, car les Ansars ont quelque chose dans le regard. » (Muslim) An-Nawawî a rapporté des propos similaires au hadith précédent puis dit : « Nos compagnons ont dit : et s'il ne peut pas la voir, qu'il envoie une femme en qui il a confiance pour qu'elle l'informe à son sujet, et cela doit se faire avant la demande en mariage, comme nous l'avons indiqué. » Dans ces deux hadiths, An-Nawawî a rapporté la divergence des savants concernant ce qu'il est permis de voir de la femme à ce moment en montrant que l'avis le plus correct est qu'il s'agit du visage et des mains.

La polygamie

Écrit par Faouzidu30. Publié dans Fatawas

La polygamie

Shaykh Al-Albânî- Rahimaoullah

 Question : Pourriez-vous nous conseiller en ce qui concerne la pratique de la polygamie, surtout à notre époque ?

'Ali Hassan : Puis-je compléter la question shaykh ? Afin que la réponse soit complète. Concernant ce qu'écrivent de nombreuses personnes pour défendre l'islam et répondre aux ambiguïtés et qui disent que la polygamie n'a été légiférée que pour des raisons précises. Est-il vrai que la polygamie ne peut être pratiquée et n'a été légiférée qu'en présence de ces causes, ou le musulman a-t-il libre choix en cela ?

 

Réponse : Nul doute que le musulman a le choix, mais nous disons constamment en réponse à cette question que nous ne conseillons pas à un homme marié dont l'épouse lui suffit, de prendre une autre épouse. Nous ne conseillons pas cela et ce n'est pas par opposition à la Parole d'Allah : « Épousez les femmes qui vous plaisent, deux, trois ou quatre. », mais seulement après avoir considéré la situation des musulmans aujourd'hui et l'éducation de la société dans laquelle ils vivent et qui ne réjouit personne. Lorsque le musulman prend une deuxième épouse, premièrement il va trouver face à lui une opposition de ses proches, et plus encore des étrangers. Mais naturellement le musulman n'y prête aucune attention puisqu'il s'accroche à sa religion, et on peut dire de lui : « il est extrémiste (dur, Mutashaddid) ! » Le secours est auprès d'Allah ! Il n'est pas extrémiste mais uniquement attaché à sa religion (Mutamassik), mais on ne le qualifie d'extrémiste qu'en raison du délaissement des gens de leur religion. C'est là un premier problème. Une deuxième difficulté est que le comportement de la deuxième épouse peut, et c'est un euphémisme, ne pas s'accorder avec celui de la première qui ne peut vivre une bonne vie avec sa co-épouse, et c'est là que les problèmes commencent.

Et tout cela découle à la fois d'une mauvaise éducation et d'une mauvaise compréhension religieuse. Et je pense que nous savons tous que de nombreuses radios, qui ont précédé l'existence d'autres radios où s'expriment certains savants attachés à la Loi d'Allah, dénonçaient le mariage à une deuxième épouse et plus. Et comme vous avez pu l'entendre de notre frère, shaykh 'Ali, ils limitent les Textes clairs montrant la permission d'épouser une deuxième, troisième et quatrième femme aux nécessités impérieuses. Ils interprètent le manque d'équité [dans la Parole d'Allah] « Mais vous ne pourrez être totalement équitables envers elles. » comme étant l'équité dans le partage des biens, alors que ce n'est pas ce qui est visé dans ce verset qui évoque uniquement l'équité du cœur dont vous avons parlé auparavant. Nul doute que ces radios ont fait naître un courant (une atmosphère) non musulman, et ainsi la majorité des musulmans n'acceptent pas la polygamie, bien que le Coran soit clair sur la permission, et lorsque que l'un d'entre eux la pratique, cela déclenche de nombreux débats, des oppositions...

C'est en me basant sur cela, et d'autres éléments encore que je dis : je ne conseille à personne de prendre une deuxième épouse si la première lui suffit. Concernant la polygamie, les gens sont entre l'exagération et la négligence. Les uns abusent dans leur rejet, et les autres abusent dans la permission sans considérer la société musulmane de nos jours. La vérité est ce qu'Allah a dit à une autre occasion « Ceux qui s'en tiennent au juste milieu ». Un homme peut penser, pour une raison ou une autre, qu'il a besoin d'une autre épouse. Mais qui définit ce besoin ? Sont-ce les gens, même s'ils sont proches ou lui-même ? Nul doute que la décision revient à celui qui désire prendre une seconde épouse. C'est pourquoi nous ne sommes pas d'avis d'une permission totale sans prise en considération de l'époque à laquelle nous vivons et qui n'aide pas à prendre une deuxième épouse. De même que nous n'adressons aucun reproche à celui qui prend une deuxième épouse, surtout que nous ne connaissons pas les raisons qui l'ont poussé à cela.

Suis-je salafi ?

Écrit par Faouzidu30. Publié dans Croyance

Suis-je salafi ?

 > Source : Al-Isbâh fi Bayân Manhaj As-Salaf Fî At-Tarbiayh wa-l-Islâh

 La question est de taille et mérite que tout le monde se la pose : suis-je salafi ? Suis-je réellement sur la voie des pieux prédécesseurs ? Si le nombre de musulmans augmente, louange à Allah, si le nombre de ceux qui se disent salafis augmente, qu'en est-il dans les faits, au jour le jour ? Malheureusement, il semble qu'au quotidien, on soit bien loin des prétentions de la langue. Que chacun de nous se pose cette question : suis-je sincère ? Suis-je sincère dans ma foi en Allah ? Suis-je sincère dans mon suivi du Prophète ? Suis-je sincère dans mon suivi des pieux prédécesseurs ? Mes actes reflètent-ils ce que je prétends être ?

Le parcours de la foi n'est pas un chemin facile et « le Paradis est entouré de désagréments. » et cette foi est mise à l'épreuve de la vie d'ici bas : « Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver et de voir qui de vous accomplira les meilleures actions. » (Al-Mulk, v.5). Après l'allégresse de la découverte, après l'espoir amené par le changement, après avoir endossé une nouvelle apparence, après la fougue des débuts, que reste-t-il ? Lorsque la foi est mise à l'épreuve de la vie, du temps, des difficultés, du quotidien, que reste-t-il ? En quoi suis-je semblable aux pieux prédécesseurs jour après jour ?

Allah dit à propos de gens qui connaissaient pourtant mieux que les gens de notre époque les sens de la langue arabe et les implications des deux attestations de foi : « Les Bédouins ont dit : « Nous avons la foi. » Dis : « Vous n'avez pas encore la foi. Dites plutôt : « Nous nous sommes simplement soumis, car la foi n'a pas encore pénétré vos cœurs. Et si vous obéissez à Allah et à Son messager, Il ne fera rien perdre de vos œuvres. » Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux. Les seuls vrais croyants sont ceux qui croient en Allah et en Son messager, et qui par la suite ne doutent point et luttent avec leurs biens et leurs personnes dans le chemin d'Allah. Ceux-là sont les véridiques. Dis : « Est-ce vous qui apprendrez à Allah votre religion, alors qu'Allah sait tout ce qu'il y a dans les cieux et sur la terre ? » Et Allah connaît toute chose. Ils te rappellent leur conversion à l'Islam comme si c'était une faveur de leur part. Dis : « Ne me rappelez pas votre conversion à l'Islam comme une faveur. Au contraire, c'est Allah qui vous a comblés d'une faveur en vous dirigeant vers la foi, si vous êtes véridiques. » Allah connaît les choses cachées dans les cieux et sur la terre et Allah sait parfaitement ce que vous faites. » (Al-Hujurât, v.14-18). Ces versets ne doivent-ils pas augmenter notre humilité et notre reconnaissance vis-à-vis d'Allah ? Ne doivent-ils pas accroître notre miséricorde envers ceux qui ne connaissent pas la vérité ?

Une des principales raisons au tassement suite à l'entrain des débuts est que cette fougue n'est pas fondée, ancrée. Allah connaît les raisons profondes qui poussent chacun de nous à prétendre l'islam et le suivi de la voie des pieux prédécesseurs, et cela appartient à Allah Seul. Seulement cette voie ne sort pas de nulle part, elle a ses fondements et ses règles qu'il faut chercher à connaître, et comme on dit : « Celui qui est privé des fondements ne parvient pas à l'objectif » L'islam repose sur des principes et l'approche des pieux prédécesseurs repose elle aussi sur des règles. C'est pourquoi nous aimerions proposer à nos frères et sœurs une série de traductions d'un livre écrit par shaykh Al-'Ubaylân et commenté par shaykh Fawzân : Al-Isbâh fi Bayân Manhaj As-Salaf Fî At-Tarbiayh wa-l-Islâh, et dans ce livre l'auteur a réuni un ensemble de règles qui fondent la voie des pieux prédécesseurs. C'est un ouvrage hors pair dans lequel l'auteur a excellé en réunissant de manière concise ce qui était éparpillé à travers des centaines d'ouvrages, surtout les écrits de Shaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah et son élève Ibn Al-Qayyim. L'auteur expose des règles que l'on pense être connues mais auxquelles il intègre des propos très utiles, des règles méconnues de la plupart des gens, mais aussi des règles incomprises et mal appliquées sources de graves problèmes. Plus que de les apprendre et les mémoriser, il est important de les comprendre et de les intégrer à notre vie au quotidien, car c'est cela la science bénéfique, celle qui trouve un écho dans les actes du serviteur.

Règle 1

La religion est basée sur deux grands fondements : la sincérité et le suivi du Prophète

Premièrement : la sincérité, en raison de la Parole d'Allah : « Qui est meilleur en religion que celui qui se soumet à Allah, tout en se conformant à la Loi révélée » (An-Nisâ', v.125.)
« Il ne leur a pourtant été ordonné que d'adorer Allah, en Lui vouant un culte exclusif » (Al-Bayyinah, v.5.)
« Dis : « Il m'a été ordonné d'adorer Allah en Lui vouant un culte exclusif » (Az-Zumar, v.11)
Et en raison de la parole du Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) : « Les actions ne valent que par leurs intentions. » (Al-Bukhârî (1) et Muslim (1907))
Deuxièmement : le suivi du Prophète (salallahu 'alayhi wasalam), de sorte que l'œuvre soit en conformité avec sa législation, en raison de la Parole d'Allah :
« Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver et de voir qui de vous accomplira les meilleures actions. » (Al-Mulk, v.2)

Al-Fudayl Ibn cIyâd a dit : « Les meilleures actions, c'est-à-dire les plus sincères et les plus conformes. » On demanda : « Que signifie les plus sincères et les plus conformes ? » Il dit : « Ce qui est sincère est ce qui est accompli pour Allah, et ce qui est conforme est ce qui suit la Sunna. » (Tafsîr Al-Baghawî (8/176))
Allah dit : « Dis : « Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi donc ; Allah vous aimera alors » (Âl cImrân, v.31)
Et le Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) a dit : « Quiconque accomplit un acte sur lequel il n'y a pas notre ordre verra son acte rejeté. » Et c'est là la formulation de Muslim. (Al-Bukhârî (2697) et Muslim (1718))
Les gens sont divisés en fonction de ces deux fondements en quatre groupes :

Premier groupe : Les adeptes de la sincérité envers l'Être adoré et du suivi du Prophète (salallahu 'alayhi wasalam). Ils sont ceux qui disent « C'est Toi seul que nous adorons » en toute vérité. Toutes leurs œuvres sont pour Allah, leurs paroles sont pour Allah, leurs dons sont pour Allah, leurs privations sont pour Allah, leur amour est pour Allah, leur haine est pour Allah, et tous leurs agissements apparents et cachés sont voués à la Face d'Allah Seul. Ils ne veulent en cela aucune récompense des gens et aucun remerciement, ils ne cherchent pas à être honorés, loués ou atteindre un rang dans leur cœur, ni même à fuir leurs blâmes. Au contraire, ils considèrent les gens comme les morts, ils ne peuvent leur apporter ni tort ni profit, ni vie ni mort ni résurrection. Ainsi, œuvrer pour les gens, en cherchant l'honneur et le rang auprès d'eux, en espérant le tort et le profit d'eux, n'émane jamais des instruits parmi eux, mais plutôt de ceux qui ignorent leur situation et ne connaissent pas leur Seigneur. Celui qui connaît les hommes leur accorde leur rang, et celui qui connaît Allah Lui consacre en toute sincérité ses œuvres, ses paroles, ses dons, ses privations, son amour, sa haine ; et personne n'œuvre pour une créature si ce n'est par ignorance d'Allah et des créatures. Sinon, celui qui connaît Allah et connaît les hommes donne priorité à sa relation avec Allah plutôt qu'avec les hommes.
De même, toutes leurs œuvres et leurs adorations sont en conformité avec l'ordre d'Allah, en ce qu'Il aime et agrée. Et l'œuvre qu'Allah n'accepte pas est celle qui est accomplie pour autre que Lui, alors qu'Il a éprouvé Ses serviteurs par la vie et la mort pour cela. Allah dit : « Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver et de voir qui de vous accomplira les meilleures actions. » (Al-Mulk, v.2)

Il a fait de ce qui se trouve sur terre une parure afin de les éprouver et voir lequel d'entre eux accomplira les meilleures actions.

Al-Fudayl Ibn cIyâd a dit : « La meilleure œuvre est la plus sincère et la plus conforme. » Ils dirent : « Ô Abû cAlî ! Que signifie la plus sincère et la plus conforme ? » Il répondit : « Si l'œuvre est sincère mais n'est pas conforme, elle n'est pas acceptée ; si elle est conforme mais n'est pas sincère, elle n'est pas acceptée, et ce jusqu'à ce qu'elle soit sincère et conforme. Ce qui est sincère est ce qui est accompli pour Allah, et ce qui est conforme est ce qui suit la Sunna. » Et c'est ce qui est mentionné dans la Parole d'Allah : « Que celui qui espère rencontrer son Seigneur fasse donc de bonnes actions et n'associe rien ni personne dans l'adoration de son Seigneur. » (Al-Kahf, v.110)
« Qui est meilleur en religion que celui qui se soumet à Allah, tout en se conformant à la Loi révélée » (An-Nisâ', v.125)

Ainsi, Allah n'accepte que l'œuvre qui est réalisée pour Son Seul Visage conformément à Son Ordre, et tout ce qui transgresse cela est rejeté à celui qui œuvre, on lui rejette ce dont il a le plus besoin comme de la poussière éparpillée. cÂ'ishah rapporte que le Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) a dit : « Toute œuvre sur laquelle il n'y a pas notre ordre est rejetée. » Et toute œuvre qui n'est pas conforme à la voie du Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) ne fait en réalité qu'éloigner d'Allah celui qui la pratique, car Allah ne doit être adoré que conformément à Son Ordre, et non en fonction des avis et des passions.

Deuxième groupe : Celui dont l'œuvre n'est ni sincère ni conforme. Ainsi, son acte n'est pas en conformité avec la Législation, et il n'est pas sincère envers l'Être adoré, comme les œuvres de ceux qui se parent pour les gens et cherchent à se faire voir d'eux par ce qu'Allah et Son Messager n'ont pas légiféré. Ils sont les pires des créatures et les plus détestés d'Allah, et ce sont eux qui méritent la plus grande part de la Parole d'Allah : « Ne pense point que ceux qui se réjouissent de ce qu'ils ont fait, et qui aiment être complimentés pour ce qu'ils n'ont pas fait, ne pense point donc, qu'ils trouveront une échappatoire au châtiment : ils auront certes un châtiment douloureux ! » (Âl cImrân, v.188)

Ils se réjouissent de ce qu'ils pratiquent comme innovation, égarement et polythéisme, et ils aiment être loués par l'attachement à la Sunna et la sincérité. Ce type de personne est répandu parmi ceux qui se réclament de la science, de la pauvreté et de l'adoration mais se sont écartés de la voie droite. Ils commettent des innovations, des égarements, tombent dans l'ostentation et la recherche de renommée, aiment être loués pour ce qu'ils ne pratiquent pas comme conformité, sincérité et science. Ils réunissent ainsi la Colère [d'Allah] et l'égarement.

Troisième groupe : Celui qui est sincère dans ses œuvres mais sans conformité, comme les adorateurs ignorants, ceux qui se réclament de la voie de l'ascétisme et de la pauvreté, et tous ceux qui adorent Allah sans se conformer à Son Ordre en pensant que cet acte d'adoration les rapproche d'Allah. Il en est ainsi de celui qui pense que l'écoute des sifflets et applaudissements rapproche d'Allah, que le fait de s'isoler en délaissant la prière du vendredi et la prière en congrégation rapproche d'Allah, que de jeûner le jour de la rupture du jeûne pour les gens rapproche d'Allah, et d'autres exemples de ce genre.

Quatrième groupe : Celui dont les œuvres sont conformes mais vouées à d'autres qu'Allah, comme les actes des ostentateurs, comme celui qui combat par ostentation, bravoure et courage, ou celui qui accomplit le pèlerinage ou lit le Coran afin de faire parler de lui. En apparence, leurs œuvres sont pieuses et légiférées mais elles ne sont pas pieuses, et ainsi elles ne sont pas acceptées : « Il ne leur a pourtant été ordonné que d'adorer Allah, en Lui vouant un culte exclusif » (Al-Bayyinah, v.5)
Il n'a été ordonné à tout un chacun que d'adorer Allah conformément à ce qu'Il a ordonné, en toute sincérité pour Lui dans l'œuvre. Et ceux qui agissent ainsi, sont les adeptes de « C'est Toi Seul que nous adorons et de Toi Seul dont nous implorons l'aide. » (Madârij As-Sâlikîn de Ibn Al-Qayyim (1/83))

Shaykh Fawzân dit :

Louange à Allah Seigneur de l'univers. Qu'Allah couvre d'éloges et salue notre Prophète Muhammad, ainsi que sa famille et ses Compagnons. Ceci dit :
La divergence existe depuis longtemps entre les gens, les voies divergent, comme Allah dit : « Les gens formaient (à l'origine) une seule communauté. Puis, Allah envoya des prophètes comme annonciateurs et avertisseurs, et Il fit descendre avec eux le Livre contenant la vérité, pour juger les divergences entre les gens. Mais, ce sont ceux-là mêmes à qui il est parvenu qui divergèrent à son sujet, après que les preuves leur soient venues ! » (Al-Baqarah, v.213)
« Les gens ne formaient (à l'origine) qu'une seule communauté. Puis, ils divergèrent. » (Yûnus, v.19)
La divergence est donc ancienne parmi les hommes, mais par Sa miséricorde, Allah envoya les Messagers et révéla les Livres afin de juger des divergences entre les gens. Ainsi, la voie menant à Allah et la voie droite est unique et ne comporte aucune divergence : « Et voilà mon chemin, dans toute sa rectitude ; suivez-le donc et ne suivez pas les sentiers qui vous écarteraient de Sa voie. » (Al-Ancâm, v.153)
Quant aux écoles, aux avis et aux voies, ils sont très nombreux – c'est-à-dire ceux inventés par les hommes – et sont innombrables car chaque individu et chaque groupe invente une voie et une école qu'il suit. Mais la voie menant à Allah est unique, elle est la voie des prophètes du premier au dernier, le chemin de : « Ceux qu'Allah a comblés de Ses bienfaits parmi les prophètes, les véridiques, les martyrs, et les vertueux. Et quelle excellente compagnie que celle-là ! » (An-Nisâ', v.69)

Allah dit : « Guide-nous sur la voie droite. » (Al-Fâtihah, v.6)

Cette voie et ce chemin demandent à être exposés, afin que les voies, les chemins, les écoles, les propos et les avis ne les trompent pas. Il est donc nécessaire d'exposer la voie droite et le chemin rectiligne, afin que puisse y cheminer celui pour qui Allah a voulu la guidée.

De tout temps, les gens ont eu besoin qu'on leur expose cette voie menant à Allah, ce sentier, ce chemin divin dont les fondements et règles sont au nombre de deux : la sincérité envers Allah, et le suivi du Prophète (salallahu 'alayhi wasalam). Celui qui adopte ces deux caractéristiques en étant sincère envers Allah dans ses adorations, ses paroles, ses actes, son intention et ses objectifs, tout en suivant le Messager (salallahu 'alayhi wasalam) dans son comportement, sa voie, ses adorations, aura emprunté cette voie droite. Cela est montré par de nombreux versets et hadiths. Parmi les versets, la Parole d'Allah : « Au contraire, quiconque se soumet à Allah Seul tout en faisant le bien, aura sa rétribution auprès de son Seigneur. Pour eux, nulle crainte, et ils ne seront point attristés. » (Al-Baqarah, v.112)
Sa Parole « Au contraire » est une réfutation des juifs et chrétiens qui ont dit : « N'entreront au Paradis que les juifs ou les chrétiens. » (Al-Baqarah, v.111)

Ils ont nié que d'autres en dehors des juifs ou chrétiens puissent entrer au Paradis, et Allah les réfuta en disant : « Au contraire » et c'est là une réponse à leur limitation et négation ; y entrera celui qui se soumet à Allah tout en faisant le bien, voilà celui qui entrera au Paradis. Quant à celui qui est sur autre que cela, il n'entrera pas au Paradis, même s'il prétend qu'il y entrera, ou prétend que seul lui y entrera. Quant à la Parole d'Allah : « se soumet à Allah » [litt : soumet son visage] elle signifie : celui qui est sincère envers Allah, car le sens du visage ici est la sincérité envers Allah et le sens de visage est qu'il n'a visé et cherché qu'Allah. Il a soumis son visage, c'est-à-dire que son objectif, son intention et sa visée étaient tournés vers Allah, et c'est là la première condition.

La deuxième condition est « tout en faisant le bien » c'est-à-dire en suivant le Prophète (salallahu 'alayhi wasalam), car aucune œuvre n'est acceptée, même si elle est sincère, tant qu'elle n'est pas conforme à la Sunna du Prophète (salallahu 'alayhi wasalam). [Si ce n'est pas le cas], elle est n'as acceptée auprès d'Allah, il faut donc se conformer à la voie du Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) en cela.
[Le verset] « Il ne leur a pourtant été ordonné que d'adorer Allah, en Lui vouant un culte exclusif » (Al-Bayyinah, v.5) comporte également les deux conditions. Ainsi Sa Parole « Il ne leur a pourtant été ordonné que d'adorer Allah » est une preuve que la religion repose sur le Commandement et la Législation, et non sur les avis inventés par les gens ou créés par eux-mêmes. Au contraire, la religion repose sur le Commandement qui est l'Ordre d'Allah et l'ordre de Son Messager (salallahu 'alayhi wasalam). Ainsi, toute adoration qui n'a pas été ordonnée par Allah est vaine car c'est une innovation, et le Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) dit : « Quiconque accomplit un acte sur lequel il n'y a pas notre ordre verra son acte rejeté. » et il dit : « Toute innovation est un égarement. »

Quant à Sa Parole : « en Lui vouant un culte exclusif » c'est la deuxième condition qu'est la sincérité, afin que dans son intention, son objectif et son orientation il ne vise personne en dehors d'Allah. Au contraire, son objectif doit être tourné exclusivement vers Allah, et s'il y a quoi que ce soit pour autre qu'Allah, alors son œuvre est rejetée, même si elle est conforme à la Sunna, même si dans son œuvre il suit ce qui a été rapporté dans la Législation. Par exemple, si il prie, nul doute que la prière fait partie de la nature profonde de la religion, mais s'il prie par ostentation ou recherche de renommée, ou encore qu'il fasse l'aumône en cherchant à être loué et que les gens fassent ses éloges, ou qu'il combat pour qu'on loue sa bravoure ; toutes ces choses sont légiférées et inscrites dans la Législation, mais puisque son but en cela est d'associer à Allah, son œuvre est vaine, et il est parmi les habitants de l'Enfer.

La première règle sur laquelle il est obligatoire de cheminer est la sincérité envers Allah et le suivi du Messager (salallahu 'alayhi wasalam). Le Prophète (salallahu 'alayhi wasalam) a dit : « Les actions ne valent que par les intentions et chacun [ne sera rétribué] que selon ce qu'il a voulu. » Ce qui compte n'est donc pas l'apparence de l'acte, mais le but de celui qui l'accomplit. Si son objectif est voué en toute sincérité à Allah, et que l'acte est correct et conforme à la Sunna, c'est là l'œuvre pieuse. Mais s'il vise autre qu'Allah, alors son œuvre ne sera ni pieuse ni acceptée, c'est pourquoi il dit : « Celui qui émigre pour Allah et Son Messager, son émigration lui sera comptée pour Allah et Son Messager » C'est-à-dire celui dont l'émigration – qui compte parmi les meilleures des œuvres et consiste à quitter une terre de mécréance pour une terre d'islam, ainsi les gens quittent des terres de mécréance pour des terres d'islam mais leur objectifs diffèrent – consiste à fuir avec sa religion et à ne viser que la Face d'Allah, alors son émigration est valide et acceptée auprès d'Allah.

Quant à celui qui émigre pour ce bas monde, afin d'obtenir des richesses et des biens, alors même si en apparence il a émigré pour Allah et Son Messager, son émigration ne lui sera comptée que vers ce quoi il a émigré : pour commercer ou pour épouser une femme. Son émigration lui sera comptée vers ce quoi il a émigré, même s'il s'est déplacé avec les Muhâjirîn, mais puisque son intention était pour autre qu'Allah, elle ne lui sera comptée que vers ce quoi il a émigré. Il ne sera donc pas considéré comme ayant émigré pour Allah et Son Messager, mais vers ce quoi il a visé, même s'il prétend le contraire et montre en apparence qu'il a émigré pour Allah et Son Messager. Ceci, car Allah connaît les desseins et les intentions, et Il est Celui qui rétribue les œuvres et donne à chacun selon ce qu'Il sait de ce que contient son cœur comme sincérité ou polythéisme.

Traduit et publié par les Salafis de l'Est

 Source : www.salafs.com/

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